Déjà retiré de certaines de ses activités depuis mai 2025, le magistrat britannique fait l’objet d’allégations formulées par une collaboratrice de son équipe. Le bureau de l’Assemblée des États parties, composé de 21 membres, a voté sa suspension immédiate, tout en précisant que cette mesure ne constitue pas un jugement sur le fond du dossier.
Le cas est désormais transmis aux 125 États parties de la Cour, qui devront se prononcer sur les suites à donner à la procédure, notamment sur une éventuelle confirmation de la suspension ou une révocation définitive.
Karim Khan, en fonction depuis 2021, conteste les accusations portées contre lui. Ses représentants juridiques dénoncent une décision qu’ils jugent irrégulière, injustifiée et fondée sur des éléments insuffisants.
L’affaire avait été rendue publique en 2024 et avait conduit les Nations unies à diligenter une enquête interne sur les faits reprochés au procureur. Si un groupe de magistrats avait estimé, que les éléments disponibles ne permettaient pas de conclure à une responsabilité avérée, le bureau de l’Assemblée des États parties a retenu une appréciation différente du dossier.
Cette situation survient dans un contexte particulièrement sensible pour la CPI, marquée par des tensions diplomatiques liées à plusieurs dossiers internationaux et par des mesures de rétorsion prises par certains États à l’encontre de responsables de la Cour.
Il s’agit de la première fois qu’un procureur de la CPI est formellement suspendu par son organe de supervision.
Une réunion des États parties est attendue le 17 juin prochain. Elle devra statuer sur l’avenir du magistrat, avec la possibilité d’une révocation et la désignation d’un nouveau procureur à la clé.
BC/Top News Africa
Publié le mardi 9 juin 2026
CPI : le procureur Karim Khan suspendu dans l’attente d’une décision des États parties. M. Khan fait l'objet d'accusations d’inconduite sexuelle qu’il rejette.