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JAF 2026 : à N'Gandana, Ivoiriens et Maliens célèbrent la paix retrouvée

JAF 2026 : à N'Gandana, Ivoiriens et Maliens célèbrent la paix retrouvée Des Ivoiriens et Maliens ont célébré, ce jeudi 18 juin 2026, la paix retrouvée à la frontière entre la Côte d'Ivoire et le Mali à l'occasion de la Journée africaine des frontières (JAF) 2026.
M’Bengué, Côte d’Ivoire (Top News Africa) Des Ivoiriens et des Maliens ont célébré ce jeudi 18 juin 2026 la paix retrouvée à N'Gandana dans le département de M’Bengué dans le nord de la Côte d’Ivoire.
Comme un parfum de retrouvailles, une volonté collective de tourner une page douloureuse pour écrire une nouvelle histoire de paix, de fraternité et de prospérité partagée, les peuples de Côte d'Ivoire et du Mali ont célébré la paix entre les deux pays.

Dès les premières heures de la matinée, les pistes menant à ce village frontalier du département de M'Bengué se sont animées. Femmes parées de leurs plus beaux pagnes, jeunes arborant les couleurs de leurs localités, chefs traditionnels vêtus de leurs attributs coutumiers et autorités administratives des deux pays convergeaient vers le site de la célébration officielle de la Journée africaine des frontières (JAF).

Cette commémoration placée sous le thème : « Frontières de paix et de prospérité : agriculture durable et gestion pacifique des conflits pour le développement socio-économique des espaces frontaliers ouest-africains », a drainé du monde avec un programme alléchant. 

Mais bien avant les discours officiels, ce sont les populations qui ont donné le ton.

Sous les battements rythmés des tam-tams et les notes mélodieuses des balafons, les troupes artistiques ivoiriennes et maliennes se sont succédées dans une ambiance de fête populaire. 

 À plusieurs reprises, les délégations venues du Mali et de la Côte d'Ivoire ont esquissé ensemble des pas de danse sous les applaudissements nourris de l'assistance. Une image qui résumait à elle seule le vivre-ensemble et la fraternité retrouvée.

Cette atmosphère festive prend une dimension particulière à N'Gandana, une localité qui a connu dans un passé récent des tensions communautaires liées notamment aux questions foncières et à l'exploitation des terres agricoles.

C'est précisément pour prévenir ce type de conflits que les autorités ivoiriennes et maliennes ont choisi de faire de cette édition un cadre de dialogue et de rapprochement entre les populations.

Dans son allocution, le Secrétaire exécutif de la Commission nationale des frontières de Côte d'Ivoire (CNFCI), Konaté Diakalidia, a rappelé que les frontières ne doivent plus être perçues comme des lignes de séparation, mais comme des espaces de coopération, de solidarité et de développement.

Il a notamment annoncé des avancées significatives dans le processus de délimitation de la frontière ivoiro-malienne, précisant que plus de 90 % du tracé font désormais l'objet d'un accord entre les deux États.

Le préfet de la région ivoirienne du Poro, Karim Diarrassouba, a pour sa part salué la forte mobilisation des communautés maliennes et ivoiriennes. Il a insisté sur la nécessité de préserver les relations historiques qui unissent les populations frontalières et de renforcer la coopération entre les administrations territoriales des deux pays.

Face aux populations rassemblées, le préfet du cercle de  Kadiolo (Mali), Diakité Bakary a rappelé que la réussite de la gestion des frontières repose avant tout sur l'implication des communautés elles-mêmes.

« La réussite de la gestion des frontières dépend d'abord des populations. Nous sommes prêts à coopérer sur le plan administratif et sur tous les autres aspects. Dans le cercle de Kadiolo, en tout cas, je m'y attèlerai », a-t-il déclaré.

Dans un appel empreint de sagesse et de réconciliation, l'autorité malienne a invité les communautés à dépasser les différends du passé.

« Il faut que nous nous pardonnions mutuellement et que nous repartions sur de nouvelles bases », a-t-il lancé.

Pour lui, les chefs traditionnels doivent demeurer au cœur du règlement des différends et de la préservation de la cohésion sociale.

« Nous devons beaucoup nous appuyer sur nos chefs traditionnels parce que ce sont eux qui connaissent la véritable histoire de ces frontières. Nous, autorités administratives, ne devons pas être une entrave ni mettre à mal la coopération que nous avons trouvée », a-t-il insisté sous les applaudissements.

Au-delà des discours, cette célébration s'est traduite par des réalisations concrètes au profit des populations.

Moment particulièrement attendu de la journée, l'inauguration officielle du château d'eau construit à N'Gandana a suscité une immense joie parmi les habitants.

Cette infrastructure hydraulique, réalisée avec l'appui du Gouvernement ivoirien et des partenaires au développement, doit permettre d'améliorer durablement l'accès à l'eau potable dans cette zone frontalière.

Dans la foulée, plusieurs producteurs ont reçu des intrants agricoles destinés à renforcer leurs activités. Semences améliorées, équipements et autres appuis agricoles ont été remis aux bénéficiaires dans le cadre de la promotion d'une agriculture durable, considérée comme un levier essentiel de stabilité économique et sociale dans les espaces frontaliers.

Des chaises, des bâches et divers équipements communautaires ont également été offerts aux populations afin de soutenir leurs activités sociales et communautaires.

Prenant également la parole au nom des populations, le président de la mutuelle de développement de N'Gandana, Coulibaly Zoumana a salué les autorités ivoiriennes, les partenaires et les délégations présentes pour les actions de développement réalisées au profit de la localité.

Il a toutefois saisi l’occasion pour exposer les principales doléances des habitants, notamment l’achèvement du foyer des jeunes avec une bibliothèque et une salle multimédia, l’amélioration du centre de santé et sa clôture, ainsi que la réhabilitation de l’école primaire.

Il a également plaidé pour le financement d’activités génératrices de revenus au profit des jeunes et des femmes, la modernisation de l’agriculture et la construction d’un barrage hydraulique pour soutenir les activités économiques locales

La fête s'est poursuivie dans l'après-midi avec la remise des récompenses du tournoi de fraternité organisé entre les jeunes des localités frontalières. 

Alors que le soleil déclinait lentement sur N'Gandana, les derniers sons des balafons continuaient de résonner dans le village. Les délégations ivoiriennes et maliennes échangeaient encore poignées de mains, sourires et promesses de collaboration future.

Cette Journée africaine des frontières aura été le symbole d'une volonté commune , celle de faire des frontières des espaces de dialogue plutôt que de confrontation, des territoires de coopération plutôt que de division.

BC/Top News Africa

Publié le vendredi 19 juin 2026

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