Marraine de cette rencontre de deux jours, Dominique Ouattara a souligné le rôle économique et social du karité, présenté comme l’une des richesses agricoles du pays. Elle a toutefois relevé que les femmes qui récoltent et transforment les noix ne bénéficient pas toujours d’une juste part de la valeur créée.
« Celles qui le récoltent et le transforment n’en reçoivent pas toujours la juste part », a-t-elle déclaré, se félicitant des mesures engagées par le gouvernement pour mieux structurer la filière, améliorer la qualité des productions et faciliter l’accès à de nouveaux marchés.
Pour la Première Dame, ce salon constitue une occasion de rassembler les productrices, les coopératives, les entreprises, les chercheurs et les partenaires autour des perspectives de développement de cette activité, dont le potentiel reste important dans les secteurs de la cosmétique, de la beauté et de l’alimentation.
Prenant la parole à cette cérémonie, le ministre de l’Agriculture, du Développement rural et des Productions vivrières, Bruno Koné, a appelé à accélérer la transformation locale des matières premières agricoles afin de permettre à la Côte d’Ivoire de capter une plus grande part de la richesse issue de ses ressources naturelles.
Il a rappelé que l’agriculture représente environ 17 % du produit intérieur brut (PIB), près de 40 % des recettes d’exportation et plus de 50 % de la population active, estimant que le secteur doit franchir une nouvelle étape en développant davantage les activités de transformation sur le territoire national.
Selon les données présentées par le ministre, la production nationale d’amandes de karité était estimée à environ 60 000 tonnes en 2025, tandis que près de 4 400 tonnes de beurre de karité ont été exportées vers plusieurs pays d’Asie, d’Amérique et d’Europe.
Pour renforcer la compétitivité de la filière, Bruno Koné a identifié plusieurs priorités, notamment une meilleure organisation des circuits de collecte, la modernisation des équipements, l’accès aux financements, le renforcement de la qualité et de la certification ainsi que la préservation durable des parcs à karité.
Il a également insisté sur la nécessité de faciliter l’accès des coopératives à des équipements modernes, notamment des presses mécaniques, et à des financements adaptés, tout en renforçant les compétences techniques et entrepreneuriales des femmes.
Le ministre a, en outre, souligné l’importance de la recherche et de l’innovation dans le développement du secteur. Il a salué les travaux de l’Université de Sorokô et du Centre africain de recherche et d’application pour les karités, qui ont contribué à la domestication de l’arbre à karité en Côte d’Ivoire.
Selon les éléments présentés lors de son intervention, ces avancées permettent de réduire le délai de mise à fruit de l’arbre, qui serait passé d’environ 25 ans à sept ans.
Bruno Koné a par ailleurs invité les banques, les établissements de microfinance, les investisseurs et les partenaires au développement à soutenir les coopératives et les petites entreprises agricoles de la filière, notamment par des financements, des équipements adaptés et un accompagnement technique.
De son côté, la présidente de la Fédération nationale du karité de Côte d’Ivoire (FENKACI) et commissaire générale du salon, Koné Kouadio Minafoun, a expliqué que cette initiative répond à la nécessité d’offrir davantage de débouchés, de financements, de formations et de reconnaissance aux femmes de la filière.
Elle a indiqué que le salon s’inscrit dans un engagement en faveur des femmes rurales, dont le savoir-faire ancestral contribue à la création de richesses et au développement des communautés. L’ambition, a-t-elle souligné, est de faire du karité un levier de transformation locale, d’innovation, de création d’emplois et d’autonomisation économique.
La responsable a exprimé sa reconnaissance à Dominique Ouattara pour son haut patronage, ainsi qu’aux autorités gouvernementales, au Conseil du coton, de l’anacarde et du karité et aux partenaires de la filière.
Initiée par la FENKACI, en partenariat avec le Conseil du coton, de l’anacarde et du karité, cette première édition se tient autour du thème « Quel écosystème pour le développement durable de la filière karité en Côte d’Ivoire ? ».
Les échanges prévus durant ces deux journées doivent favoriser l’émergence de partenariats concrets en matière de financement, de commercialisation et de développement durable, avec pour objectif de bâtir une filière plus compétitive et inclusive, capable de mieux rémunérer les productrices et de renforcer sa contribution à l’économie ivoirienne.
BC/Top News Africa
Publié le mardi 13 octobre 2026
La première dame de Côte d'Ivoire, Dominique Ouattara a présidé ce mardi 13 octobre 2026 à Abidjan, l’ouverture de la première édition du Salon national du karité (SNKA) autour du thème « quel écosystème pour le développement durable de la filière karité en Côte d’Ivoire ? ». (Ph archive pour illustration).