Cette session budgétaire, la première de la troisième législature, devra notamment permettre aux députés d’examiner la traduction, dans le budget 2027, des orientations du Plan national de développement (PND) 2026-2030 adopté au premier semestre.
Selon Patrick Achi, le PND prévoit près de 115 000 milliards FCFA d’investissements sur cinq ans, dont plus de 70 % attendus du secteur privé. Le président de l’Assemblée nationale a appelé les parlementaires à porter une attention particulière à l’exécution des crédits et aux résultats des politiques publiques.
« Il appartient au Parlement d’en voter les moyens, d’en suivre l’utilisation et de contribuer à en apprécier les résultats », a-t-il déclaré, soulignant la nécessité de rapprocher les crédits budgétaires des réalisations concrètes attendues par les populations.
La Commission d’évaluation des politiques publiques créée au cours de la première session devra notamment contribuer au suivi des engagements et à l’appréciation des résultats des actions publiques. Les travaux des commissions devraient porter en particulier sur des secteurs tels que l’agriculture, l’industrie, l’énergie, les mines, l’éducation et la santé.
Dix projets de loi déjà en instance
Outre le budget de l’État, dix projets de loi sont déjà en instance devant l’Assemblée nationale, tandis que d’autres textes pourraient être transmis au cours de la session.
Parmi les textes annoncés figurent des projets relatifs à la réglementation bancaire et à la microfinance, ainsi qu’à l’organisation et à la gestion des instruments publics de financement.
Les députés devront également examiner un projet de loi modifiant le Code pénal en lien avec les conséquences humaines et environnementales de l’orpaillage artisanal. Le texte, adopté le 23 septembre 2026 en Conseil des ministres et déposé au bureau de l’Assemblée nationale le 29 septembre 2026, doit être inscrit rapidement à l’ordre du jour, selon Patrick Achi.
D’autres textes porteront notamment sur la vie institutionnelle, le domaine électoral et différentes questions économiques et sociales.
Patrick Achi a rappelé qu’au cours de la première session, 27 projets de loi avaient été adoptés, dont 26 à l’unanimité.
L’intelligence artificielle entre au Parlement
L’autre chantier mis en avant lors de cette rentrée parlementaire concerne l’intelligence artificielle.
Patrick Achi a annoncé le lancement, à partir du 12 octobre, d’un premier cycle de formation destiné aux parlementaires, en collaboration avec le ministre de la Transition numérique et de l’Innovation technologique.
L’IA pourrait notamment être utilisée par les députés pour analyser des projets de loi, comparer des données budgétaires, préparer des auditions, étudier des expériences étrangères ou retrouver des engagements pris au cours des travaux parlementaires.
Le président de l’Assemblée nationale a toutefois insisté sur la nécessité de maintenir le jugement humain au centre du processus.
« L’intelligence artificielle peut assister le jugement humain ; elle ne saurait s’y substituer », a-t-il affirmé.
Cette démarche sera accompagnée d’une modernisation des équipements de l’institution. Des tablettes destinées aux députés doivent être livrées à partir du 5 octobre, tandis qu’une connexion à très haut débit et un accès Wi-Fi renforcé doivent faciliter le travail parlementaire.
Un nouveau système de conférence doit également être installé d’ici à la fin de l’année afin d’améliorer les conditions des débats et des votes.
Réhabilitation de l’Assemblée nationale à partir de janvier 2027
Autre annonce majeure du discours d’ouverture : Patrick Achi a indiqué que le président de la République, Alassane Ouattara, avait donné son accord au financement de la réhabilitation de l’Assemblée nationale.
Selon le président de l’institution, la première tranche des travaux doit débuter en janvier 2027.
Cette réhabilitation doit notamment permettre de préserver le bâtiment qui constitue un lieu important de l’histoire politique ivoirienne, où l’indépendance de la Côte d’Ivoire a été proclamée le 7 août 1960 à minuit.
Patrick Achi a également annoncé des recrutements destinés à renforcer les expertises des services de l’institution, ainsi qu’un programme de santé et de prévention destiné aux députés et au personnel.
Une intersession tournée vers les populations
Dans son discours, Patrick Achi a également dressé le bilan de l’intersession parlementaire, marquée par la mise en œuvre de l’initiative baptisée « Assemblée nationale hors les murs ».
Des députés se sont rendus dans plusieurs circonscriptions afin de restituer les travaux parlementaires, d’expliquer les lois adoptées et de recueillir les préoccupations des populations.
Les échanges ont notamment porté sur l’agriculture, le commerce, l’accès à l’eau, la santé, l’éducation, les déplacements et la lutte contre l’orpaillage clandestin.
Le président de l’Assemblée nationale souhaite que les préoccupations recueillies sur le terrain puissent désormais alimenter les travaux des groupes parlementaires et des commissions, mais aussi les auditions, les questions au Gouvernement et l’examen du budget.
La diplomatie parlementaire au programme
L’intersession a également été marquée par plusieurs activités de diplomatie parlementaire, notamment au Cameroun, au Viet Nam, en Chine et au Nigeria.
Patrick Achi a notamment évoqué son élection comme vice-président du Bureau de l’Assemblée parlementaire de la Francophonie à Yaoundé et annoncé la participation prochaine d’une délégation ivoirienne à la 153e Assemblée de l’Union interparlementaire à Arusha.
Il a insisté sur la nécessité de transformer les expériences acquises lors des missions internationales en enseignements utiles pour les travaux parlementaires ivoiriens.
BC/Top News Africa
Publié le jeudi 1 octobre 2026
En Côte d’Ivoire, la deuxième session ordinaire 2026 de l’Assemblée nationale ivoirienne s’est ouverte, ce jeudi 1er octobre 2026 à Abidjan. (Ph archive).